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Délaisser les fonctions religieuses.

Q : Beaucoup de jeunes étudiants délaissent les fonctions religieuses… Quelle en est la cause, avez-vous un conseil à donner à l’auditoire ?

On remarque également que beaucoup d’étudiants en faculté de droit islamique (Sharî’a) cherchent par tous les moyens à se débarrasser de la fonction de juge ; quels conseils leur donnez-vous, votre éminence ?

R : Les fonctions religieuses telles que la fonction de juge, l’enseignement, la fatwa et la prédication sont des fonctions nobles et importantes.

Les musulmans en ont grand besoin, alors, si les savants venaient à les délaisser, ce serait les ignorants qui s’en chargeraient et donc ils s’égareraient eux-mêmes et les autres. Il est du devoir de ceux qui possèdent la science et la compréhension de la religion, de répondre à l’appel lorsque l’on a besoin d’eux, car ces domaines (être juge, enseigner, prêcher, guider vers Allah, etc.) sont en principe des obligations communautaires (Fardh Kifâya)[1] ; cependant, lorsqu’une personne apte est désignée, cela devient pour elle une obligation et il ne lui est alors plus permis d’avancer des excuses et de refuser.

De plus, même s’il semble qu’il y ait des personnes compétentes en nombre suffisant et que prendre ce poste ne soit pas une obligation pour lui en particulier, il doit regarder ce qui est le plus bénéfique, car Allah dit, par la bouche de Yûssuf au roi d’Egypte :

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« “Assigne-moi les dépôts du territoire : je suis bon gardien et connaisseur”. »[2],

Lorsqu’il vit que l’intérêt général était qu’il s’en occupe. Il a demandé cette charge, or, c’était un prophète et un noble envoyé et les prophètes sont les meilleurs des gens. Yûssuf l’a réclamé dans le but de réformer, de rendre meilleurs les habitants de l’Egypte et les guider vers la vérité.

Aussi, l’étudiant doit demander le poste lorsqu’il y voit un intérêt général et il en est satisfait [si on le nomme] que ce soit  dans la justice, dans l’enseignement, au  ministère, etc. à condition que son but soit de réformer les gens et de faire le bien, non pas la vie d’ici-bas. Il agit donc sincèrement pour Allah, pour une récompense dans l’au-delà et pour être utile aux gens dans leur religion, en premier lieu, puis dans leur vie ici-bas.

De plus, l’étudiant ne doit pas accepter que les ignorants et les pervers soient nommés à ces postes. S’il est donc invité à occuper un poste convenable et qu’il pense en avoir l’aptitude et la force, qu’il réponde présent. Il doit aussi avoir une bonne intention et fournir tous les efforts possibles, sans dire : « Je crains ceci » ou « Je crains cela ».

Avec la bonne intention et la sincérité dans les actes, le serviteur se verra accordé le succès et l’aide d’Allah. S’il purifie son intention pour Allah et fait de son mieux, Allah lui accordera le succès.

A ce sujet, il y a le hadith d’Uthmân ibn Abîl-‘Âs, où il dit : « Ô Envoyé d’Allah, fais-moi imam de ma tribu ! » Le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, répliqua :

« Tu es leur imam, aligne-toi sur le plus faible d’entre eux et trouve-toi un muezzin qui ne touche pas de salaire en contrepartie. »[3]

Uthmân a donc demandé d’être l’imam de sa tribu pour l’intérêt religieux général et pour orienter les gens, leur ordonner le bien, leur interdire le mal et leur apprendre, comme Yûssuf l’a fait.

Les savants ont dit qu’en fait, il est interdit de réclamer les postes à responsabilités lorsqu’il n’y a aucune raison, car c’est un danger, comme c’est rapporté dans le hadith, c’est-à-dire qu’il est interdit de le faire. Mais si le besoin et l’intérêt religieux public exigent de réclamer cette responsabilité, alors cela devient licite, selon le récit de Yûssuf et le hadith d’Uthmân précité, qu’Allah l’agrée.

  • Fatwa du cheikh Ben Baz
  • Revue des Recherches Islamiques, n°47, pages 161-163.

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